Quelles sont les compétences du Conseil départemental ?
Action sociale, RSA, collèges, routes départementales : quelles sont les compétences du Conseil départemental en 2026 ? Répartition des pouvoirs, loi NOTRe et loi 3DS expliquées.

En bref
Le Conseil départemental est la collectivité qui gère les solidarités (RSA, aide à l'enfance, autonomie des personnes âgées et handicapées), les collèges, les routes départementales et l'aménagement des territoires. Depuis la loi NOTRe de 2015, il n'a plus de clause de compétence générale : il exerce uniquement les compétences que la loi lui attribue. L'action sociale concentre l'essentiel de ses dépenses. (À jour en juin 2026.)
Issus des découpages administratifs de la Révolution française, les départements sont les plus anciennes collectivités après les communes. Appelés Conseils généraux jusqu'en 2015, les Conseils départementaux ont des prérogatives concrètes sur la vie de leurs administrés. Quelles sont leurs compétences précises et les limites du mandat des conseillers départementaux ? Deciders fait le point pour vous.
L'évolution des compétences du Conseil départemental (ancien Conseil général)
Pour mettre fin à l'organisation administrative de l'Ancien Régime, l'Assemblée constituante du 26 février 1790 découpe la France en 83 départements. Organisés autour de chefs-lieux, les départements sont des divisions administratives placées sous l'autorité d'un préfet et administrées par un Conseil général, dont les membres sont désignés par le pouvoir central.
Dès la loi du 10 août 1871, le département devient une collectivité territoriale autonome avec une délimitation des pouvoirs respectifs du Conseil général, dont les membres sont élus au suffrage universel pour 6 ans, et du Préfet qui bénéficie d'un pouvoir de tutelle.
À partir des lois de décentralisation de 1982 et 1983, le Conseil départemental (à l'époque Conseil général) obtient le statut de collectivité territoriale de plein exercice. Le pouvoir de tutelle du Préfet est remplacé par le contrôle de légalité et les Conseils généraux reçoivent de nouvelles compétences, concernant essentiellement l'action sanitaire et sociale, les collèges, la voirie, l'équipement rural et l'aménagement du territoire.
Ce n'est que depuis la réforme de 2015 que le Conseil général a été rebaptisé en Conseil départemental. En 2026, la France compte
, dont 96 en métropole et 5 d'outre-mer (la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte). La création de la Collectivité européenne d'Alsace, le 1er janvier 2021, n'a pas modifié ce nombre : elle a fusionné les conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, mais ces deux départements subsistent comme circonscriptions administratives.La répartition constitutionnelle des compétences du Conseil départemental par rapport aux autres collectivités
En France, la Constitution de la Cinquième République reconnaît principalement 3 échelons de collectivités territoriales : les communes, les départements et les régions. Ainsi, l'article 72 de la Constitution dispose que, dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités territoriales de la République s'administrent librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire pour l'exercice de leurs compétences.
Conformément au principe de subsidiarité, les collectivités ont vocation à prendre les décisions pour l'ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon. Toutefois, si les communes bénéficient toujours d'une clause de compétence générale leur permettant d'intervenir sur toutes les affaires relevant de leur niveau, les Conseils départementaux (et régionaux) exercent désormais uniquement les compétences énumérées par la loi. Celles-ci s'organisent en blocs de compétences spécifiques, même si un principe de compétences partagées persiste dans certains domaines.
Chaque collectivité est d'autant plus tenue de respecter la répartition de ces compétences que l'article 72 de la Constitution consacre l'absence de pouvoir de tutelle d'une collectivité sur une autre. Néanmoins, chaque collectivité peut déroger, à titre expérimental et dans les conditions prévues par la loi, aux dispositions qui régissent l'exercice de ses compétences. C'est notamment le cas du Conseil départemental.
Les Conseils départementaux et la compétence en matière d'action sociale et de solidarités
La loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles, dite loi MAPTAM, a reconnu aux Conseils départementaux le statut de « chef de file » en matière d'action sociale, de développement social et de contribution, de résorption de la précarité énergétique et d'autonomie des personnes.
Ainsi, en vertu de ces compétences, l'action sanitaire et sociale concentre l'essentiel du budget des Conseils départementaux :
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L'enfance (protection maternelle et infantile (PMI), aide sociale à l'enfance (ASE), adoption, soutien aux familles en difficulté) ;
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Les personnes âgées et la dépendance (création et gestion de maisons de retraite, maintien à domicile des personnes âgées dépendantes avec la gestion de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA)) ;
-
Les personnes en situation de handicap (hébergement, insertion sociale, maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et gestion de la prestation de compensation du handicap (PCH)) ;
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Les prestations légales d'allocations individuelles de solidarité, dont le revenu de solidarité active (RSA) ;
-
La cohésion territoriale.
Confortant le rôle du Conseil départemental en matière d'action sociale et de solidarités, la loi portant nouvelle organisation de la République, dite loi NOTRe, confie aux départements, en lien avec l'État, l'élaboration du schéma départemental d'amélioration de l'accessibilité des services aux publics (SDAASP). Une compétence nouvelle pour les conseillers départementaux.
Les autres compétences spéciales du Conseil départemental
Au-delà de leur rôle de chef de file en matière d'action sociale, les Conseils départementaux ont progressivement reçu des compétences en matière d'éducation et de développement des territoires.
Au titre de l'éducation, les Conseils départementaux assurent ainsi :
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La construction, l'entretien et l'équipement des collèges publics (environ 5 300 établissements) ;
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La gestion des agents techniciens, ouvriers et de service (TOS) ;
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Le transport scolaire des collégiens en situation de handicap.
Source : L'éducation nationale en chiffres, édition 2024, ministère de l'Éducation nationale
Les Conseils départementaux disposent aussi de prérogatives relatives au développement des territoires et aux infrastructures. Ils ont ainsi la compétence de :
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L'aménagement et l'équipement rural, le remembrement, l'aménagement foncier, la gestion de l'eau et de la voirie rurale ;
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L'aménagement numérique du territoire pour le déploiement de l'internet haut et très haut débit ;
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La construction et l'entretien du réseau routier départemental ;
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Dans certains cas, après délégation de l'État, la gestion des ports maritimes de commerce ou de pêche ou des aérodromes ;
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Le financement des Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).
Les départements assurent et développent également une capacité d'ingénierie pour le compte des communes et intercommunalités dans des domaines techniques pour lesquels celles-ci n'ont pas d'expertise humaine ou matérielle suffisante.
Ce que la loi 3DS de 2022 a changé pour les départements
Postérieure aux grandes lois de décentralisation, la loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale, dite loi 3DS, a ajusté plusieurs compétences départementales :
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Routes nationales : la loi organise le transfert, à leur demande et par convention, de certaines routes nationales non concédées de l'État vers les départements et les métropoles, étendant leur compétence en matière de voirie ;
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Santé : elle élargit les possibilités d'intervention des collectivités, dont les départements, en matière de prévention et de soutien à l'offre de soins (participation aux actions de santé, lutte contre les déserts médicaux) ;
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Solidarités : elle conforte le rôle de chef de file du département sans retirer la compétence en matière de RSA, qui reste gérée par les Conseils départementaux.
Source : Loi n° 2022-217 du 21 février 2022 (loi 3DS), Légifrance
Les politiques publiques volontaristes ou partagées des Conseils départementaux
En plus de la suppression de la clause générale de compétence, la loi NOTRe a aussi conduit les Conseils départementaux à céder certaines de leurs compétences spéciales au profit des régions. Ceux-ci ont notamment dû transférer aux régions la responsabilité du transport rural et scolaire ou la compétence économique.
Enfin le sport, le tourisme, la promotion des langues régionales et l'éducation populaire sont désormais qualifiés de compétences partagées entre les 3 niveaux de collectivités territoriales. À ce titre, le Conseil départemental a la compétence de création et de gestion des bibliothèques départementales de prêt, des musées, des services d'archives départementales ou de protection du patrimoine. Il gère également la conservation du patrimoine et des musées.
Le champ des compétences des Conseils départementaux s'est donc resserré sur les solidarités humaines et territoriales. Ce sont des compétences avec un coût élevé sur lesquelles les autres collectivités sont peu désireuses d'investir et qui grèvent les marges de manœuvre financières des départements, dont les dépenses sociales représentent l'essentiel de leurs dépenses de fonctionnement.
Questions fréquentes sur les compétences du Conseil départemental
Combien y a-t-il de départements en France en 2026 ?⌄
La France compte 101 départements, dont 96 en métropole et 5 d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte). Ce nombre est stable depuis la création de Mayotte comme département en 2011 ; la Collectivité européenne d'Alsace, créée en 2021, n'a pas modifié le décompte officiel.
Le département gère-t-il toujours le RSA ?⌄
Oui. Le revenu de solidarité active (RSA) reste, en 2026, une compétence des Conseils départementaux, qui le versent au titre des allocations individuelles de solidarité. La loi 3DS de 2022 n'a pas retiré cette compétence aux départements.
Quelle est la différence entre les compétences du département et celles de la région ?⌄
Le département est chef de file des solidarités (action sociale, RSA, autonomie, enfance) et gère les collèges et les routes départementales. La région pilote le développement économique, les lycées, les transports régionaux et la formation professionnelle. Depuis la loi NOTRe de 2015, ni l'un ni l'autre ne dispose de la clause de compétence générale.
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